Une marche vers Bruxelles dénoncera les morts aux frontières et réclamera des droits pour les personnes migrants

16 septembre 2022 – Plus de 130 organisations européennes et des pays d’origine des migrants organisent une marche vers Bruxelles sous le slogan Droits ! No Deaths ! pour exiger l’application du droit international des droits humains aux frontières et la régularisation administrative des personnes vivant et travaillant en Europe.

Plus de 50 000 personnes ont perdu la vie depuis 1993. Les frontières européennes provoquent la mort en raison des politiques migratoires menées par l’Union européenne et les gouvernements européens. L’absence de voies légales et sûres, l’externalisation des accords frontaliers et la militarisation progressive des frontières font des victimes. La mort récente d’une jeune femme subsaharienne abattue par la gendarmerie marocaine alors qu’elle s’apprêtait à se rendre en bateau aux îles Canaries depuis la plage d’Akhfennir à Tarfaya, et les 37 personnes au moins qui sont mortes écrasées et asphyxiées il y a tout juste deux mois à la barrière de Melilla en raison de la violence avec laquelle elles ont été réprimées, en sont des exemples dramatiques.

Le manque de protection institutionnelle et l’absence d’un cadre qui prenne en compte la dimension transnationale conduisent à des violations de droits essentiels qui touchent à la dignité humaine, aux droits post-mortem des personnes décédées et au droit de connaître la vérité qui protège les familles. Cette inaction et cette opacité constituent une forme de punition ou de torture des familles et de déshumanisation des personnes qui décident, ou n’ont pas le choix, d’entreprendre un processus de migration.

Dans le même temps, les personnes qui parviennent à franchir ces frontières travaillent et vivent pendant de nombreuses années sans papiers, sans droits. Leur statut irrégulier les condamne à l’exploitation du travail, à l’invisibilité aux yeux des institutions, au manque de protection juridique et à l’exclusion des services publics tels que l’éducation et les soins de santé. 

En outre, l’Union européenne partage également la responsabilité des déplacements forcés. Les traités de commerce et d’investissement avec les gouvernements d’origine, la fabrication et le commerce d’armes et la dérégulation des pratiques extractivistes et néocoloniales des entreprises transnationales provoquent l’expulsion de milliers de personnes de leur mode de vie et de leurs communautés d’origine.

Face à cette situation de destruction des droits humains, ils ont appelé à une action le samedi 1er octobre à 15h00 sur la place du Luxembourg à Bruxelles, devant le Parlement européen, pour demander aux institutions et aux gouvernements européens de prendre des mesures concrètes pour garantir les droits humains des migrants.

Pendant le week-end à Bruxelles, une délégation rencontrera un groupe de député.es européen.es pour présenter leurs revendications. 

Le programme d’actions comprend une réunion avec des associations et des groupes de sans-papiers et un soutien aux personnes migrantes en Belgique qui ont mené l’année dernière une grève de la faim pour demander leur régularisation.

Enfin, en coordination avec la mobilisation de la Marche vers Bruxelles, le Sommet des Peuples se tiendra comme un espace d’échange entre les différents mouvements et organisations engagés pour les droits des personnes exilées, dans le but de construire collectivement des propositions concrètes de plaidoyer et de mobilisation au niveau transnational.